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Visite officielle d’Abdou Diouf en République tchèque

Le Secrétaire général de la Francophonie s’est rendu en République tchèque les 4 et 6 mai 2010. C’était la première visite officielle dans un pays observateur de l’Organisation internationale de la francophonie.

« Je suis heureux de visiter la Tchéquie, c’est une visite de travail, une visite de courtoisie, une visite d’amitié et je tiens à préciser que c’est la première fois qu’en tant que secrétaire général de la Francophonie, je me rends dans un pays membre observateur ».

C’est ce que M. Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, a déclaré lors de la visite durant laquelle il a notamment rencontré le chef de l’Etat Václav Klaus et plusieurs autres hauts représentants politiques, a visité deux lycées bilingues franco-tchèques à Prague et l’Université d’Olomouc et discuté avec des journalistes.

 

Comment assurer la défense de la francophonie dans un monde globalisé ? Voilà la question que Radio Prague lui a posée à cette occasion :

« C’est difficile, mais ce n’est pas impossible. Mais surtout, cela est nécessaire pour une respiration démocratique, culturelle, linguistique pour l’homme. Car si nous continuons comme ça, si on ne défend pas a langue française, tout comme les Espagnols l’espagnol, les Allemands l’allemand etc., on court le risque d’avoir une langue unique, une pensée unique, une uniformisation du monde, une hégémonie linguistique et culturelle. C’est dans la diversité que le monde peut s’épanouir. Donc, nous devons être engagés pour la diversité linguistique dans le monde et pour ce qui me concerne, je continuerai à me battre pour la défense et la promotion de la langue française… Mais je reconnais que c’est difficile, même si ce n’est pas impossible. »

 

Faire face à la domination de l’anglais dans les organisations et institutions internationales s’inscrit dans ce défi. M. Abdou Diouf précise :

« Dans toutes les organisations internationales, dans la plupart en tout cas, les deux langues de travail sont l’anglais et le français. Mais de plus en plus, c’est l’anglais qui domine. Au sein de l’Union européenne, il y a une érosion très forte et l’anglais gagne du terrain tout le temps. Nous avons à beaucoup agir dans ce domaine. Moi, je suis allé récemment à Bruxelles où j’ai rencontré les ambassadeurs du groupe francophone et je leur ai demandé de se battre. »

 

Il faut une volonté politique…

« Il faut effectivement une volonté politique au niveau des chefs d’Etat, au niveau des ministres, au niveau des ambassadeurs, au niveau des experts, pour défendre le français. Il y a maintenant un réel danger, car il y a une érosion du français qui est maintenant très forte. C’est très difficile. Même les pays qui sont membres de notre organisation constatent que leurs responsables trouvent plus commodes de parler anglais alors qu’ils auraient mieux fait de parler français. L’anglais est à la mode et c’est contre cela que nous essayons de nous battre. »

Au cours de vingt dernières années, et à l’échelle de l’Europe centrale, l’évolution de l’intérêt pour la langue et la culture françaises semble particulièrement marquante en République tchèque. Depuis 1999, elle a le statut de pays observateur de l’Organisation internationale de la Francophonie.